FEURS

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Paysan de la Loire publié le 23-03-17

 

Comice de Feurs, toujours du renouveau

Zoom sur les expositions d'animaux, qui arriveront dans les écuries vendredi et en repartiront dimanche en fin de journée.

Animaux de boucherie charolais : toujours autant d’attrait

40 animaux de trop par rapport au nombre de places, voici un des premiers chiffres qui avait été annoncé par les responsables de l’association du comice fin février, à la clôture des inscriptions pour le concours d’animaux de boucherie charolais. Il a donc fallu procéder à une sélection. Pour cela, les responsables du concours sont passés dans la quasi totalité des fermes pour voir les animaux, parcourant ainsi plus de 1 700 km. « Nous avons tout noté pour pouvoir faire notre choix, explique Pierre Dosson. C’est un travail difficile à faire ; il ne faut pas commettre d’impair », d’autant plus que l’objectif est de conserver un maximum d’exposants : «La moyenne d’animaux par éleveur est plus basse que ces dernières années ; le choix a donc été encore plus compliqué. »

 

Les responsables savaient que le nouveau règlement sanitaire du concours vis-à-vis de l’IBR pouvait perturber la mise en section des animaux. Effectivement, pour faire suite à la nouvelle réglementation nationale, il avait été décidé à l’automne dernier, en concertation avec le Groupement de défense sanitaire (GDS), que seuls les animaux de boucherie charolais ayant une analyse IBR négative seraient acceptés au comice (les animaux limousins et les reproducteurs charolais étaient déjà tous indemnes d’IBR). Des résultats d’analyses se sont révélés positifs sur certains animaux la semaine précédant le comice, obligeant les organisateurs à piocher dans les animaux mis de côté après les visites en élevage.

 

Néanmoins, toutes les places des deux grandes écuries sont occupées. Près de 65 éleveurs, dont une dizaine de nouveaux, présentent 204 animaux. Les éleveurs viennent bien évidemment de Loire, mais aussi des départements limitrophes (Rhône, Saône-et-Loire, Allier). Les animaux se répartissent ainsi : sept sections de génisses, trois sections de génisses croisées, une section de génisses toutes races, deux sections de boeufs, deux sections de vaches. Pierre Dosson de lâcher : « Je crois que le concours 2017 va marquer les esprits », la majorité des animaux étant préparés spécifiquement pour le comice.

 

Le jugement commencera à 7h30 samedi et se déroulera à huis clos (aucun éleveur et visiteur dans les écuries), pour une meilleure efficacité. Ce n’est qu’une fois les opérations du jury terminées (classement en section, jugement des prix d’honneur à l’extérieur puis des prix d’ensemble) que les portes des écuries s’ouvriront pour laisser entrer les visiteurs et les acheteurs. Espérons que ces acheteurs seront présents en nombre et que les transactions seront rapides et à la hauteur des espérances des éleveurs, à l’image de ces dernières années. L’an passé, les génisses croisées avaient donné du fil à retordre aux membres du jury et avaient facilement trouvé acquéreur. Est-ce que la tendance du marché, qui est favorable aux femelles croisées, se confirmera une nouvelle fois dans les écuries du comice ?

 

Reproducteurs charolais : des mâles charolais certifiés

 

C’est un peu moins de mâles reproducteurs charolais qui participent cette année à l’exposition-vente du comice, sous le chapiteau à côté des écuries. Ils sont une douzaine, répartis en trois sections selon leur âge. Il ne faut pas oublier que les reproducteurs aussi sont jugés, le samedi matin, comme les animaux de boucherie. Mais l’objectif pour les éleveurs est que leurs mâles trouvent un acquéreur en vue de la saillie des vaches dans un troupeau. A défaut de finaliser une vente, cette exposition-vente sert aussi aux exposants à faire la promotion de leur élevage, espérant que des visiteurs se rendront plus tard sur leur ferme pour acheter un reproducteur.

 

Chaque année, ce sont entre trois et six reproducteurs charolais qui se vendent au comice. Pour d’autres, la transaction se finalise les jours suivants. Des visiteurs du comice ayant parcouru l’exposition de reproducteurs charolais se rendent quelques mois, voire quelques années, plus tard dans les élevages. Les chiffres montrent bien que le comice est avant tout synonyme de promotion. Et c’est ce que retiennent les éleveurs-exposants. Qu’en sera-t-il cette année ? « Il semblerait que le commerce de reproducteurs charolais soit actif en ce moment », indiquait Jérémie Trottet, responsable de l’exposition au sein de l’association du comice, quelques jours avant le comice, après avoir été en contact direct avec les exposants. Des mâles auraient été vendus avant le comice, diminuant ainsi le nombre d’animaux inscrits. Cette situation de marché est encourageante pour les reproducteurs charolais présents au comice.

 

Il faut savoir que les mâles reproducteurs charolais présents au comice (âgés cette année d’un an à un an et demi) sont inscrits au livre généalogique de la race Charolaise et sont suivis dans le cadre du contrôle de performances. Leur généalogie, leur génétique et leurs performances sont donc certifiées. Une garantie pour les acheteurs, en plus de la morphologie de l’animal lui-même. Ces informations, reprises sur le panneau affiché devant chaque animal, guident les éleveurs dans leurs choix, en complément de morphologie de l’animal lui-même et de la discussion qui s’établit avec le vendeur.

Déjà la 10e édition pour le concours d’animaux de boucherie limousins

Il y a une douzaine d’années que le président de l’Arebli de l’époque, Pascal Veluire, avait sollicité le président de l’association pour organiser un concours d’animaux de boucherie au comice. Il aura finalement fallu deux ans de gestation pour que le concours d’animaux de boucherie limousin prenne forme. C’est en 2008 que la race Limousine est arrivée au comice, dans un chapiteau à côté des écuries, avec Jean-Luc Conseillon comme responsable de l’exposition.

 

Les deux premières éditions ont été mitigées, avec des ventes qui n’étaient pas à la hauteur des attentes des éleveurs. Puis, les exposants ont réalisé qu’un concours d’animaux de boucherie se prépare un voire deux ans à l’avance. Des animaux mieux préparés et plus nombreux ont permis à cette exposition de gagner en notoriété ces dernières années. De plus, depuis trois ans, des éleveurs démarchent des bouchers stéphanois pour leur présenter le comice et les inciter à venir y acheter des animaux. Avec pour conséquence de tout cela des ventes plus dynamiques et des prix qui s’envolent. Ainsi, la mission confiée il y a dix ans à Jean-Luc Conseillon est accomplie. Pierre Dosson, président de l’association du comice, estime que l’arrivée de la Limousine au comice a permis d’accueillir « de nouveaux éleveurs, des nouveaux acheteurs et, donc, une nouvelle population de visiteurs ».

 

Pour marquer la 10e année de présence de la race Limousine au comice, Jean-Luc Conseillon a invité le président du Herd book limousin (organisme notamment en charge de la tenue du livre généalogique de la race), Jean-Marc Alibert : « Il a tout de suite dit oui. Les éleveurs doivent prendre sa présence comme un honneur. Nous allons tout faire pour bien le recevoir. » Pour Pierre Dosson, « la visite de responsables nationaux comme le président du Hard book limousin, ou par le passé du Herd book charolais ou de la Fédération nationale bovine, est toujours appréciable pour notre manifestation. C’est un moyen de faire connaitre et reconnaitre le comice au niveau national ».

 

Lionel Maisson, éleveur délégué et président de l’Arebli (association des éleveurs de reproducteurs limousins) propose un brin d’histoire : « Dans les années 1960-1970, des éleveurs laitiers ont cessé la production laitière et ont acheté des vaches limousines, tout d’abord dans la région de Feurs puis plus largement. Historiquement, tous les éleveurs limousins engraissaient. Il y avait donc un savoir-faire dans le Forez. » Jean-Luc Conseillon complète : « Le Stéphanois représente depuis longtemps un berceau de consommation de viande limousine. C’est pour cela que l’on voit des bouchers de la région stéphanoise au comice. » C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a une section de génisses stéphanoises au comice. Il s’agit d’une catégorie particulière de génisses, d’environ un an et ayant un poids de carcasse moyen de 250 kg, entre 220 et 280 kg.

 

Pour l’édition 2017 du comice, la section de génisses stéphanoises compte 17 femelles. Le concours recense également une section pour chacune des catégories : génisses de 3 ans, génisses de 30 mois, génisses de 2 ans, jeunes vaches, vaches, jeunes bovins. Ainsi, au total, ce sont 52 animaux qui ont été sélectionnés sur les 60 inscrits pour ce concours, présentés par 20 éleveurs. Jean-Luc Conseillon s’est rendu dans toutes les fermes pour choisir les animaux. Une seule exploitation n’a pas été visitée, l’animal ayant pu être visualisé sur une photo envoyée via internet. Comme pour les charolais, les animaux limousins seront jugés le samedi matin.

Le concours d’animaux de boucherie limousins est ouvert uniquement aux éleveurs naisseurs-engraisseurs. « C’est une exigence de départ qui avait été posée par les éleveurs et les organisateurs. » Malgré ce règlement strict, les éleveurs sont toujours plus nombreux à inscrire des animaux. Pour l’édition 2017, Jean-Luc Conseillon en a dénombré 20, dont 4 nouveaux. Tous cherchent à valoriser leurs animaux à des prix supérieurs que ceux pratiqués en ferme. C’est ce qu’a expliqué Damien Clapeyron lors de la conférence de presse du comice agricole qui se tenait sur son exploitation. L’éleveur de Saint-Cyr-les-Vignes présente depuis 2012 des animaux de boucherie limousins au comice : « C’est un moyen de mieux valoriser les bons animaux. » Il dit « (se) rendre compte relativement tôt du potentiel des animaux ». Ceux qui correspondent le mieux aux attentes des acheteurs sont préparés spécifiquement.

 

Damien Clapeyron s’est installé en 2006 sur l’exploitation familiale, sur laquelle il conduit un troupeau de 80 vaches limousines sur 87 ha. Tous les produits sont engraissés : les mâles sont vendus en jeunes bovins et les femelles à l’âge de deux ans. Damien Clapeyron achète chaque année entre 10 et 15 broutards pour les engraisser. Les 10 ha de maïs et les 10 ha de céréales sont autoconsommés. Et Jean-Luc Conseillon d’ajouter : « Les éleveurs viennent aussi pour passer un week-end agréable. Bien sûr, les trois jours sont fatigants car il faut faire le travail sur son exploitation et être présent au comice. Mais les éleveurs sont contents de s’y retrouver. La convivialité qui règne au comice incite les exposants à revenir. »

 

Il ne faut pas oublier que sous le même chapiteau est installée une exposition de mâles reproducteurs limousins. Ils sont cette année 8 et seront jugés le samedi matin par Jean-Marc Alibert. Mais l’essentiel pour les exposants est surtout de faire connaître leur élevage, de prendre un maximum de contacts avec des acheteurs potentiels, et, dans la mesure du possible vendre ces animaux. Les reproducteurs, inscrits au livre généalogique de la race Limousine et suivis par le contrôle de performances, donnant ainsi un minimum d’assurance aux acheteurs sur leur valeur génétique, sont destinés à être en service dans les élevages pour la saillie des vaches, en vue de faire naître des veaux qui seront vendus dans l’une des filières limousines.

Expositions ovines : vente d’agneaux et promotion de l’élevage

Les membres de l’association du comice ont à cœur de voir perdurer le concours d’agneaux de boucherie, qui est un des seuls de la région. Les éleveurs et les acheteurs également… Daniel Poyade, membre de l’association, est en charge de l’organisation de ce concours (inscriptions, invitations aux acheteurs, recrutement des juges, récompenses aux éleveurs…). Il est aidé sur le plan matériel par des éleveurs bénévoles (montage et démontage des cases par exemple). Cette année, le concours d’agneaux de boucherie est composé de 28 cases de 4 agneaux chacune. Les agneaux se répartissent en deux catégories : races croisées rustiques et races bouchères. « Il y a un peu moins de cases dans la catégorie des races croisées rustiques, précise Daniel Poyade. Des éleveurs habitués ne sont pas présents cette année, pour certains faute d’avoir des agneaux qui correspondent aux critères du comice. Par contre, il y a de nouveaux exposants. » « C’est bien qu’il y ait un peu de turn-over, complète Pierre Dosson, président de l’association du comice. Des éleveurs participent une première année, et sont susceptibles de revenir l’année suivante. »

 

L’an passé, Daniel Poyade avait peur de ne pas avoir assez d’agneaux, le comice étant mi-mars. Cette année, en février, il avait annoncé que, le comice étant plus tard, les agneaux seraient plus nombreux, laissant plus de temps aux éleveurs pour les préparer. Mais, finalement, c’est le contraire : « J’aurais pu espérer avoir plus d’inscriptions. » Des explications à cette situation seront sûrement trouvées en échangeant ce week-end avec les éleveurs. Les agneaux seront jugés le samedi matin, comme pour les autres concours, par un jury composé de trois représentants de la filière. A l’issue du jugement, les transactions entre éleveurs et acheteurs pourront commencer. « Qu’en sera-t-il des prix pratiqués, sachant que les cours pour les agneaux sont plutôt bas en ce moment ? » s’interrogeait Daniel Poyade il y a quelques jours.

 

L’exposition ovine dans les écuries est double : aux côtés des agneaux de boucherie sont installés des reproducteurs (béliers, brebis, agnelles). Ils représentent les races élevées dans le département : Grivette, Charollais, Ile de France, Suffolk. Cette exposition de reproducteurs est l’occasion pour les éleveurs de présenter les systèmes d’élevage en fonction des races, et de communiquer plus largement sur l’élevage de moutons et la filière ovine. Cette année, cinq élevages exposent des reproducteurs répartis dans neuf cases.

 

Outre les concours d’agneaux de boucherie et l’exposition de reproducteurs ovins, on retrouve au comice une démonstration de tonte de brebis. L’objectif : faire la promotion de la Journée du mouton, qui se déplace cette année au Lycée agricole de Ressins pour accueillir un championnat national de tonte. Elle se déroulera les 24 et 25 juin. Un éleveur, exposant au comice et qui est aussi tondeur professionnel, proposera à plusieurs reprises dans la journée du dimanche une démonstration de tonte, à proximité de l’entrée de La ferme aux enfants. Cette animation sera visible de la rue, de l’extérieur de l’enceinte payante.

Lucie Grolleau Frécon

 

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